|
Le premier chinois dans l'espace
Par
Guilhem
, posté le Mercredi 15 octobre 2003 à 06:25
Aujourd'hui,
Mercredi 15 octobre 2003 à 01h15 TU, a été lancée
une fusée CZ-2F, avec à son bord le 5ème vaisseau spatial
habitable chinois, Shenzou 5, d'après l'organe de presse officiel chinois,
l'agence Chine Nouvelle. Après 4 "prototypes" lancés
en 1999, 2001 et 2002 et destinés à tester Shenzou, le taïkonaute
(ou Yuhangyuan) Yang Liwei s'est envolé pour 14 orbites. Son retour est
prévu 21 heures plus tard.
La Chine est donc le troisième état à envoyer en orbite
un homme par ses propres moyens, après la Russie et les Etats-Unis. Le
président de l'Institut de recherchede technologie spatiale de Chine,
Xu Fuxiang, avait indiqué il y a quelques mois que la Chine prévoyait
d'envoyer à la suite de Shenzou 5 plusieurs autres vols habités.
L'histoire
du programme spatial habité chinois
En 1960 est développée la première fusée chinoise,
d'où dérivera la fusée Longue Marche actuelle. 4
ans plus tard, des souris et des rats sont envoyés dans une fusée
à 70km d'altitude, suivis en 1966 de 2 chiens. En 1970, la Chine envoie
son premier satellite en orbite, quelques mois après le Japon, devenant
la 5ème puissance spatiale. En 1980, une étude sur le vol spatial
est publiée. Mais le programme est alors trop cher pour les Chinois.
Puis une 3ème base de lancement ouvre, en 1988, suivi en 1996
d' un transfert de technologies entre les russes et les chinois. En 1997 se
déroule la visite de 2 militaires chinois à la Cité des
Étoiles, à Moscou, où ils sont entraînés au
travail de cosmonaute. Une fois retournés en Chine, ils seront les instructeurs
des 12 Yuhangyuan, candidats à un vol. Une flotte de 4 navires, la flotte
de Yuan Wang, est dévoilée, qui servira au suivi des engins spatiaux
habités en orbite.
Enfin, en 1999, est lancé le premier vaisseau Shenzou, "Vaisseau
Divin", ressemblant beaucoup au Soyouz russe. Puis en 2001 est lancé
Shenzou 2, qui aurait contenu quelques animaux. La capsule atterrit en Mongolie
Intérieure une semaine plus tard. En mai 2002 est d'abord lancé
Shenzou 3, qui aurait peut-être eu des problèmes à l'atterissage,
suivi en décembre de Shenzou 4, équipé de mannequins simulant
le métabolisme humain. Il atterrit sans dommages en janvier 2003.
Shenzou, une nécessité pour la Chine?
D'après un document officiel rendu public en 2000, après l'installation
en orbite avec une station spatiale en 2008, la Chine prévoirait l'exploration
de la Lune, d'abord avec des sondes puis une mission (habitée?) de retour
d'échantillons en 2015.
Bien que ces propositions aient toutes les chances d'être reportées,
elles traduisent bien l'ambition spatiale chinoise. Car cette ambition est vitale:
la Chine doit d'abord lutter contre l'Inde, l'autre géant du continent
asiatique.
Mais, par les restrictions commerciales et scientifiques imposées par
les américains, l'accès à la station spatiale internationale
lui est aujourd'hui interdit. De plus, les fusées Longue Marche, bien
que 30% moins chères que ses concurrentes, ne (re)trouvent pas le succès
qu'elles avaient au milieu des années 90, car l'importation de technologies
sensibles américaines ou leur transport est interdite par un blocus.
Or, tous les satellites comportent quelques pièces considérées
comme "sensibles".
Avec ce lancement, outre le coup politique intérieur, la Chine espère
donc se faire respecter sur la scène internationale et se libérer
de ce blocus.
Sources:
Astronautix
Ciel&Espace n°401
Espace Magazine n°2
Cidehom
Astrobale
SpaceNews International
Merci aux membre
de la Liste Alphonse
Commentaires:
|
Par Adrien Lundi 17 novembre 2003 à 20:40
|
|
|
Merci Guilhem pour cet news tr?s compl?te!
|
|
|