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Par
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Sylvie Hugelin ; MàJ Guilhem
, dernière mise à jour le 06-04-2005
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Impact Fatal
| La collision entre la comète Shoemaker-Levy
et la planète Jupiter en juillet 1994, provoqua l'embrasement
de l'atmosphère lors des impacts et la formation de champigons
de plus de 3000 km d'altitude (taches claires) |
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Alors
le deuxième ange sonna (...)
Et une énorme masse embrassée, comme une montagne, fut projetée
dans la mer et le tiers de la mer devint du sang. Il périt ainsi
le tiers des créatures vivant dans la mer et le tiers des navires
fut détruit.
Alors le troisième ange sonna (...)
Un grand astre, comme un globe de feu, tomba du ciel
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L'Apocalypse selon
Saint-Jean
Nouveau Testament 96 ap. JC
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Dernières nouvelles du front:
- 10
juin 2004 : une météorite
de 1,3 kg traverse une maison néo-zélandaise à 150
m/s pour achever sa course sous un ordinateur, dans le salon.
Pas de blessés.
- 31
mars 2004 : 2004 FU162, découvert
quelques heures seulement avant la rencontre, passe à seulement
6500 kilomètres de la Terre. C'est la distance la plus faible jamais
observée.
- 18
mars 2004 : un petit géocroiseur,
l'Aten 2004 FH, d'une trentaine de mètres de diamètre, baptisé
2004FH, est passé à 43.000 km seulement de la surface de
la Terre, à 22h08 GMT, à peu près à la verticale
de l'océan Atlantique Sud. C'est la distance la plus faible jamais
enregistrée depuis l'observation de ce type d'astéroïde.
- 2
septembre 2003 : la NASA repère
un astéroïde, baptisé "2003 QQ47", de 1.2
km de diamètre et annonce qu'il y a une chance sur 909 000 qu'il
heurte la Terre le 21 mars 2014, à la vitesse de 129 000 km/h,
avec une énergie équivalente à 8 millions de fois
la puissance de la bombe de Hiroshima. Mais, dès lendemain, de
nouvelles estimations de sa trajectoire laissent à penser qu'il
épargnera la Terre.
- 27
mars 2003 : chute d'un petit astéroïde
de 10 tonnes qui a causé de nombreux dégâts à
l'Ouest des Etats-Unis, dans les états de l'Illinois, de l'Indiana,
de l'Ohio, et du Wisconsin. A Chicago, un bloc de 2,5 kg a transpersé
le toit d'une maison et est tombé au beau milieu d'un salon. Parmi
les morceaux retrouvés par la police, il y aurait des blocs de
4 kg. Par miracle, aucune victime n'est à déplorer.
- 30
août 2002 : l'astéroïde
EB18 passe à quelque 5 millions de km de la Terre.
- 25
juillet 2002 : l'astéroïde
2000 PH5 arrive à 1,7 million de km de la Terre.
- 24
juin 2002 : l'astéroïde
2002 LZ45 est repéré à 1,9 million de kilomètres
de la Terre.
- 14
juin 2002 : l'astéroïde
2002 MN passe à 120 000 km seulement de la Terre soit moins d'un
tiers de la distance Terre-Lune. Il n'est repéré par les
astronomes que... trois jours après.
-
9 décembre 1994
: l'astéroïde 1994 XM1 frôle notre planète en
passant à 105 000 km de distance. Un record.
|
Les informations réunies ci-dessous et parfaitement
véridiques sont devenues relativement courantes et nous rappellent l'extrême
fragilité de la Terre. Car il s'en faut parfois de quelques milliers
de kilomètres pour échapper à un désastre majeur.
Une grosse météorite, une comète ou un astéroïde
peuvent-ils percuter notre planète et faire disparaître ses habitants
? Hélas oui. La probabilité est infime comme le montre le tableau
ci-dessous. Elle diminue à mesure que la taille de l'objet augmente.
Mais elle existe bel et bien.
Les probalités d'une collision
| Diamètre |
Fréquence d'impact |
Conséquences |
10 cm à
10 m
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200 météorites par an
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Accident local
Elles brûlent en général
dans l'atmosphère. Elles peuvent toutefois endommager des objets
comme une voiture ou un toit. Les accidents mortels restent rarissimes.
Derniers exemples connus : la météorite de Pitalito (Colombie,
décembre 1996). Elle a embrasé un toit de chaume et provoqué
un incendie dans lequel quatre personnes sont mortes ; la chute d'un
astéroïde en mars 2003 dans l'ouest américain.
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| 30 m |
Une fois par siècle |
Cataclysme local. (Degré 8 sur
l'échelle de Turin)
Exemples connus : impact du Meteor Crater (il y a plusieurs milliers
d'années) ou explosion de la Toungouska (1908) : une comète
d'environ 60 mètres de diamètre a certainement explosé
au-dessus de la Sibérie, dans une région heureusement inhabitée,
avec une puissance équivalente à 600 fois la bombe d'Hiroshima.
Pertes humaines probables : équivalentes à une inondation
ou à un tremblement de terre majeurs. Des villes comme Paris, Londres
ou New York seraient détruites si un tel objet leur tombait dessus.
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| 1 km |
Une fois tous les 30 000 ans |
Cataclysme régional. (Degré
9 sur l'échelle
de Turin).
Pertes humaines probables : 100 millions de morts |
| 10 km |
Une fois tous les 100 millions d'années |
Cataclysme planétaire. (Degré
10 sur l'échelle
de Turin)
Le tueur de dinosaures
Vue d'artiste (Don Davis)
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Exemple éventuel : la disparition
des dinosaures et des micro-organismes marins, il y a 65 millions d'années,
a peut-être été causée par la chute d'un astéroïde,
dans la péninsule du Yucatan, aux abords du golfe du Mexique. (astroblème
de Chicxulub). C'est une chondrite
carbonée, mesurant 10 km de diamètre et se déplaçant
à 90 000 km/h qui s'est écrasée au Yucatan. Elle
a dégagé une énergie équivalente à
100 millions de mégatonnes. Des débris consécutifs
à ce gigantesque impact ont notament été retrouvés
en Afrique.
L'hypothèse de la disparition brutale des dinosaures après
la chute de ce bolide reste toutefois controversée. Certains estiment,
comme le chercheur français Vincent Courtillot que la grande extinction
du fin du Crétacé serait due aux monumentales éruptions
volcaniques du Deccan, en Inde: les épanchements du Deccan ont
pû provoquer des changements globaux du climat et de la chimie des
océans qui ont amplifié et accéléré
l'extinction des dinosaures. (voir notamment à ce sujet: les
trapps du Deccan, trappes à C02)
|
Estimations sur la base d'une densité
de 3,5 et d'une vitesse de 15 km/s. Source : D. Morrison
Visions
d'apocalypse
Eclairs interminables, bolides explosant en plein vol, formation de champignons,
développement de gigantesques boules de gaz de plusieurs milliers de
degrés... Les images de la collision entre la comète Shoemaker-Levy
et la planète géante Jupiter font frémir rétrospectivement.
Et les cratères, parfois immenses, situés sur autres planètes
telluriques ou leurs satellites ne sont guère plus rassurants. Aitken,
le plus grand cratère d'impact connu du système solaire se trouve
sur la Lune, à moins de 400 000 km de la Terre. Il mesure 250 km de diamètre
et 12 km de profondeur.
Que se passerait-il si un objet extraterrestre heurtait
la Terre ?
Remodelage "naturel"
Vue d'artiste (Don Davis)
|
Si l'astéroïde mesurait entre 1 à 2 km de diamètre,
l'énergie dégagée par l'impact serait équivalente
à une bombe de 1 million de mégatonnes. Toute la Terre serait
ravagée par des incendies et des raz de marée. La matière
vaporisée serait condensée en un immense nuage de cendres. La
température moyenne chuterait. Des pluies acides tomberaient. Ces variations
climatiques dureraient plusieurs siècles engendrant des famines interminables.
Peu de sociétés parviendraient à surmonter une telle catastrophe.
Si l'astéroïde avait un diamètre de 10 km de diamètre
et une vitesse de 20 km/s, il provoquerait une cataclysme planétaire.
L'impact creuserait un cratère de 100 km de diamètre et libérerait
une énergie de 1 milliard de mégatonnes. Le plasma incandescent
issu de l'impact, s'élèverait puis retomberait sur toute la planète,
incendiant des continents entiers. La masse de poussières et de suies
serait épaisse de plusieurs de milliers de mètres cubes. La température
chuterait de 15°.
Une étude publiée dans la revue Ecology Letters en mars 2000
par des chercheurs décrit les conséquences de l'impact d'un astéroïde
semblable à celui qui écrasé sur Terre, au large de la
péninsule du Yucatan (Mexique), il y 65 millions d'années, dégageant
une énergie de mille milliards de mégatonnes. La collision serait
dévastatrice, l'hiver d'impact mortel et un "printemps ultraviolet"
achèverait les survivants.
Destruction majeure
Vue d'artiste (Don Davis)
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Un long hiver glacial provoqué par le nuage de poussière consécutif
à l'impact serait le prélude à un printemps ultraviolet.
Le nuage de poussière protégerait la Terre des rayons ultraviolets
pendant une période d'environ 390 jours, avant que la poussière
ne retombe. Après cela, la diminution de la couche d'ozone provoquerait,
environ 600 jours après l'impact, un doublement du degré des radiations
des rayons ultraviolets.
L'atmosphère terrestre se remplirait alors d'oxyde d'azote, provoquant
des pluies acides. Le processus de photosynthèse indispensable à
la vie végétale serait stoppé. Le rayonnement ultraviolet
deviendrait ensuite intolérable pour les nombreux organismes vivants
dans l'eau et sur Terre. Il causerait des dégâts sur l'ADN, provoquant
notamment des mutations génétiques et des cancers.
Les vagabonds
du ciel
Combien existe-t-il d'astéroïdes dans le système solaire?
Vaste question, il n'est possible que de donner des approximations à
partir des données existantes. D'après les données les
plus récentes, il existerait plus de trois millions d'astéroïdes
dont le diamètre est supérieur à 1 km. Selon les travaux
de Edward Tedesco et François-Xavier Desert, réalisés avec
le télescope ISO à infrarouge de l'Agence spatiale européenne
et présentés en 2002, il y aurait 160 astéroïdes de
1 km de diamètre et plus par degré carré dans la ceinture
principale des astéroïdes. Les deux chercheurs ont extrapolé
ces résultats et estiment de 1,1 à 1,5 millions le nombre d'astéroïdes
de 1 km et plus dans cette région du système solaire, située
entre Mars et Jupiter.
Seule une très petite part de ces millions d'astéroïdes pourraient
entrer en collision avec la Terre. On estime aujourd'hui qu'environ un millier
d'astéroïdes de plus d'un km de diamètre coupent son orbite.
320.000 dépassent les 100m, et près de 150 millions dépasseraient
les 10 mètres. A cela s'ajoutent environ 500 comètes qui peuvent
elles aussi venir frôler la Terre. Au total, il y a donc plusieurs milliers
d'objets très menaçants, baptisés en anglais les NEA (Near
Earth Asteroids) et les NEO (Near Earth Objects) et, en français, les
géocroiseurs. Pour les spécialistes des géocroiseurs leur
dangerosité est fixée à une distance de passage de 5 millions
de kilomètres soit 14 fois la distance Terre - Lune.
Les cinq géocroiseurs qui sont passés
le plus près de la Terre
(depuis 1990)
| Appellation |
Distance de passage
(en kilomètre) |
Taille
(en mètre) |
Date
d'observation |
| 1994 XM1 |
105 000 |
7 à 15 |
09/12/1994 |
| 1993 KA2 |
150 000 |
4 à 9 |
20/05/1993 |
| 1994 ES1 |
165 000 |
5 à 12 |
15/03/1994 |
| 1991 BA |
165 000 |
5 à 12 |
18/01/1991 |
| 1995 FF |
434 000 |
13 à 30 |
27/03/1995 |
Pour mémoire, distance moyenne Terre/Lune = 384 403
km
Les prochains passages de géocroiseurs connus
(2000 - 2010)
| Appellation |
Distance de passage
(en million de kilomètre) |
Date prévue
de passage |
| 1998
WT24 |
1.86 |
07/12/2001 |
| 1994 PM |
3.73 |
16/08/2003 |
| 1998 SF36 |
2.04 |
25/06/2004 |
| 1999 MN |
2.60 |
11/07/2004 |
| 4179 Toutatis |
1.55 |
29/09/2004 |
| 1999 AQ10 |
1,76 |
18/02/2009 |
| 1994 CC |
2.52 |
10/06/2009 |
| 1999 MN |
1.13 |
02/06/2010 |
Pour mémoire, distance moyenne Terre/Lune = 0,38 M
km
Le géocroiseur le plus menaçant
| Appellation |
Distance supposé
de passage
(en kilomètre) |
Taille
(en kilomètre) |
Date
de passage |
| 1999 AN10 |
390 000 |
1 |
2027
2039 |
Pour mémoire, distance moyenne Terre/Lune = 384 403 km
Les trois plus grands géocroiseurs connus
| Appellation |
Taille
(en km) |
Distance
(en km) |
| 1036 Ganymède |
41 |
18 000 000 |
| 433
Eros |
23 |
17 000 000 |
| 4954 Eric |
12 |
16 000 000 |
Pour mémoire, distance moyenne
Terre/Soleil = 149 597 870 km (1 UA)
Les comètes qui ont frôlé la
Terre
(depuis 837)
| Nom |
Distance |
Date |
| Lexell |
223 500 |
07/1770 |
| Tempel-Tuttle |
340 000 |
10/1366 |
| Iras-Araki-Alcock |
460 000 |
05/1983 |
| Halley |
495 000 |
04/837 |
| Biela |
542 000 |
12/1805 |
Les
sentinelles de la planète
Bien que les risques statistiques d'une collision majeure soient faibles, leurs
conséquences sont trop importantes pour être ignorées. Plusieurs
organismes en sont conscients et financent, depuis peu, des programmes de surveillance.
Ainsi l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a-t-elle votée,
en mars 1996, une résolution invitant les gouvernements des Etats membres
et l'Agence spatiale européenne (ESA) à se préoccuper du
problème. Mais le budget consacré par l'Europe à la détection
des géocroiseurs ne dépasse pas les 100 000 euros.
Aux Etats-Unis, quatre programmes existent déjà.
-Au Nouveau-Mexique, le groupe Linear (Lincoln Laboratory Near-Earth Asteroid
rechearch) du MIT utilise un télescope militaire spécialisé
dans l'étude des débris spatiaux et des satellites et est désormais
le plus grand découvreur d'astéroïdes avec plus de 50.000
découvertes d'astéroïdes de tout type, dont plus de 1600
géocroiseurs.
- le programme LONEOS, basé à l'observatoire Lowell en Arizona,
a permis la découverte de plus de 5100 astéroïdes.
- le programme Spacewatch observe des astéroïdes et des comètes
avec l'un des télescope de Kitt Peak (5000 astéroïdes)
- le programme NEAT (Near Earth Asteroids tracking) repose sur une collaboration
entre la NASA et l'US Air Force (4400 astéroïdes)
Le programme PCAS (Palomar Intercrossing Asteroids Survey) fut le premier programme
officiel de repérage des géocroiseurs à l'observatoire
du mont Palomar, et permit de découvrir 19 astéroïdes en
1993-1994.
Le Congrès américain devrait consacrer un budget d'un milliard
de dollars au cours de la prochaine décennie pour mieux étudier
les quelques 25 000 objets risquant d'entrer en collision avec la Terre. Un
bureau pour la détection des astéroïdes et comètes
a été créé au sein du Jet Propulsion Laboratory
(JPL). Mais la NASA rechigne parfois à accorder davantage de crédits
à ces programmes de surveillance. Recenser des millions de petits rochers
célestes coûte très cher, trop cher aux yeux de centains.
D'autres réseaux de veille spatiale se mettent timidement en place,
en Russie (observatoire de Saint-Pétersbourg), au Canada. Mais de nombreuses
découvertes sont encore effectuées par des astronomes amateurs:
le japonais T.Kobayashi a par exemple découvert plus de 2000 astéroïdes
en quinze ans. Pour coordoner les recherches et rassembler les données,
un organisme international, Spaceguard Foundation, a été fondé
en 1996 et rassemble des astronomes, professionnels ou amateurs, du monde entier.
Est-ce parce qu'un asteroide est passé une nuit à l'aplomb de
Londres ? Les Britanniques sont les Européens les plus soucieux en matière
d'information et de surveillance. Cambridge abrite The Minor Planet Center qui
collecte toutes les données concernants les astéroïdes. The
Comet and Asteroid Information Network (CAIN) regroupe les efforts de neuf universités.
Un centre
d'information sur les NEO, tourné vers le grand public, et
doté d'un budget de 300 000 livres a été ouvert en avril
2002.
Par contre, en France, le seul observatoire qui exerçait une surveillance
(à Nice) a cessé de le faire en 2000, faute de moyens.
Enfin, l'ESA a fini par prendre conscience de l'enjeu et se montre décidée
à participer à la surveillance, à la détection et
à l'étude des objets potentiellement dangereux. Elle a mis à
l'étude, entre juillet 2002 et janvier 2003, une série de six
projets consacrés aux astéroïdes les plus dangereux, les
géocroiseurs. Mais aucune mission n'a été lancée
pour l'instant.
Cependant, ces programmes de recherche ont plusieurs importantes lacunes. Tout
d'abord, aucun grand télescope automatique dédié à
la recherche d'astéroïdes n'est présent dans l'hémisphère
sud, ce qui empèche la surveillance de certaines zones du ciel austral.
Les astronomes amateurs, eux aussi plus rares dans l'hémisphère
sud, ne comblent que très partiellement cette lacune. De plus, la zone
située entre la terre et le Soleil est très peu étudié,
à cause de la luminosité de notre étoile. On estime pourtant
qu'il existe au moins une vingtaine d'objets de plus d'un km de diamètre
à l'intérieur de l'orbite solaire.
L'échelle
de Turin
Le repérage des géocroiseurs reste difficile. Les estimations
de taille et de trajectoires varient parfois . Et les médias, toujours
prompts au sensationnalisme, s'emparent d'informations diffusées sans
précaution. Ainsi l'astéroïde 1997-XF-11 a-t-il connu une
gloire éphémère en avril 1998. Un astronome de l'observatoire
McDonald (Texas, USA) annonça que cette mini planète de 2 km de
diamètre allait passer à moins de 40 000 km de la Terre. Et d'ajouter,
sibyllin, que "les risques d'une véritable collision étaient
faibles mais qu'ils ne pouvaient être totalement écartés".
Du coup, de très nombreux journaux consacrèrent leurs gros titres
à la fin du monde prévue, avec une impitoyable précision,
le 26 octobre 2028, à 18 h 30 GMT. Priés de vérifier les
calculs de Peter Shelus, les chercheurs du Jet Propulsion Laboratory (JPL) firent
savoir, vingt-quatre heures plus tard, que l'astéroïde 1997-XF-11
passerait à un million de km de notre planète et que "le
risque de collision avec la Terre était équivalent à zéro".
Cet épisode fit réfléchir la communauté scientifique.
Comment informer l'opinion publique sans l'effrayer ? Un professeur du Massachusetts
Institute of Technology, Richard Binzel, proposa en juin 1999 à l'Union
astronomique internationale, d'utiliser une échelle de risque, graduée
de zéro à dix (baptisée échelle de Turin en l'honneur
de la ville où elle fut présentée). "Si vous dites
à un Californien qu'un tremblement de terre d'un niveau 1 sur l'échelle
de Ritcher va avoir lieu demain, il vous répondra : et alors ? En revanche,
si vous évoquez un tremblement de terre de niveau 6, alors ce sera différent."
L'astéroïde 1997-XF-11 qui fit couler tant d'encre pendant quelques
heures était à classer dans la zone verte de l'échelle
de Turin (degré 1 de risque). Un astéroïde de niveau 8 produirait
des dégats locaux, semblables à ceux d'un grand tremblement de
terre. Au niveau 9, les dégâts deviendraient régionaux.
Au niveau 10, l'impact déclencherait une catastrophe climatique globale,
équivalente à celle qui a peut-être provoquée la
disparition des dinosaures.
Actuellement, trois astéroïdes sont classés en degré
un, pour un impact régional et une probabilité de collision de 10-5 environ.
-2004 MN4, 320 mètres de diamètre devrait passer près de
la Terre le 14/04/2035, puis le 13/04/2036
-2004 VD17, 580 mètres, les 04/05/2091 et 2102
-1997 XR2, 230 mètres, le 01/06/2101
Faut-il s'armer
contre les astéroïdes et les comètes ?
S'il était possible de connaître très précisément
la date et l'heure de l'arrivée d'un objet "impacteur", pourrait-on
l'éviter ? L'idée actuellement la plus répandue (et largement
développée dans des films hollywoodiens comme Armageddon ou Deep
Impact) serait de modifier la trajectoire du géocroiseur se dirigeant
vers la Terre à l'aide de charges explosives nucléaires. Celles-ci
seraient envoyées par des fusées intercontinentales et larguées
au-dessus du géocroiseur. La poussée créée par l'explosion
devrait suffire à une petite modification de son orbite.
D'autres solutions moins dangereuses sont aussi envisagées si l'astéroïde
est assez petit (moins de dix kilomètres). La modification de l'orbite
pourrait être assurée par des moteurs ioniques installés
sur le géocroiseur. Ou, solution peut-être moins coûteuse,
peindre l'astéroïde! En effet, ceux-ci sont soumis à la poussée
thermique de leurs surfaces exposées au Soleil. Une modification de cette
poussée, nommée effet Yarkovsky, devrait permettre là aussi
une modification de l'orbite.
Encore faudrait-il en avoir le temps. Il est déjà arrivé
qu'un astéroïde ne soit reperé qu'une quinzaine d'heures
avant son passage à proximité de la Terre. Dans tous les cas,
entre 50 et 100 ans seraient nécessaires à la préparation
d'une telle défense. Cette entreprise devrait être placée
sous contrôle international pour ne pas servir à l'élaboration
de techniques de guerre spatiale.
Cette intervention ne serait de plus pas forcément couronnée de
succès, à en croire divers travaux de simulation. Détruire
ou détourner un astéroïde dépendrait en fait de la
composition interne de celui-ci, de ses vides et de ses fractures susceptibles
d'amortir le choc. De plus, une destruction thermonucléaire risquerait
de transformer un bolide céleste en bombe à fragmentation et de
provoquer une avalanche de débris radioactifs sur toute la planète...
On le voit, la solution miracle n'existe pas et les solutions pour parer à
un impact fatal restent encore à imaginer et, surtout, à tester...
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Cet article a été publié
précédemment sur le site Astrobale.com de Sylvie Hugelin.
Nous tenons à la remercier de nous avoir donné l'autorisation
de le reproduire et de le modifier pour tenir compte des découvertes
les plus récentes.
Article © Sylvie Hugelin, tous droits réservés
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Commentaires:
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Par Julien Schiano Mercredi 6 avril 2005 à 20:22
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Excellent article!!!! Bien expliqu
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Par g?g Vendredi 8 avril 2005 à 19:28
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qu'est-ce-que vous avez ? interstars ? toujours nous sortir des articles de qualit?s,complets et bien r?dig?s m'enfin!!dites moi ce que vous buvez ou mangez,quelle potion magique utilisez-vous? encore merci et bravo
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Par dede Lundi 30 mai 2005 à 12:44
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c' est pas tres rassurant toutes ces histoire de meteorite de 1A2 KM de long et de large. moi si c' est comme ca j'me tire sur une autre planete
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Par ovni Jeudi 29 septembre 2005 à 13:02
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appelle moi qd tu changes de plan?te on partagera le taxi!!
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Par G?G Vendredi 25 novembre 2005 à 17:20
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J'ai moi-m?me, personnellement fortement appr?ci? tout le contenu de ce site, admirablement bien fait, bien construit et divinemnt clair. Ch?peau bas ? vous!
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Par val?rie 34ans Mercredi 21 décembre 2005 à 11:55
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bonjour j'ai entendu au JT hier soir le risque de 1/5000 de la collision d'une m?t?orite avec la terre en 2036 qui tuerait toute vie sur terre...c ds 30 ans seulement ! comment se fait-il que si peu de moyens soient investis ds une recherche utile, vitale au lieu de vouloir envoyer des touristes ds l'espace ou des appareils de t?l?communication dont les revenus ne vont pas ? la recherche ? comment pouvons-nous agir sur nos dirigeants pour que les priorit?s soient enfin la vie sur terre et non le profit et ds tous les domaines ?! s'il existe des sites, adresses, p?titions, quoi que soit o? l'on puisse peut-etre avoir un impact, merci d'en informer le + gd nb. merci pour votre site Val?rie
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Par charchabill Samedi 11 février 2006 à 18:39
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est ce qu ont peut etre informer de plus sur la collision de 2036.
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