Mars Express-Beagle
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juin 2003. 23h45. Dans un grondement sourd décolle
une fusée Soyouz-Fregat du cosmodrome de Baïkonour.
A son bord, une petite sonde européenne, Mars Express,
première sonde entièrement européenne
à destination de Mars, et, fixé sur son "dos",
un petit atterisseur britanique, Beagle 2.
Mars Express doit son nom à la rapidité avec
laquelle elle a été construite par rapport aux
sondes interplanétaires habituelles. Construite pour
l'Agence Spatiale Européenne (ESA)
par 24 compagnies des 15 états-membres et des Etats-Unis
cette sonde d'environ une tonne est dotée d'objectifs
ambitieux: bien entendu, une cartographie géologique
minutieuse de la planète rouge, avec une résolution
rarement atteinte, mais surtout la recherche en profondeur
d'eau, et de vie...
La sonde Mars Express est un quasi-cube (1.5x1.8x1.4m) de
1223 kg (dont 427 de carburant). Dotée de 7 instruments
scientifiques, elle sert aussi de relai de télécommunications
pour les prochaines missions internationales vers Mars, à
commencer par les Mars Exploration Rovers, comme les sondes
déjà existantes Mars Global Surveyor et 2001
Mars Odyssey.
La petite sonde, première mission européenne
vers Mars, s'est insérée en orbite martienne
le 25 décembre 2003, pour une mission de 687 jours
terrestres minimum.

Les instruments:
Mars Express, ambitieuse, comporte 7 instruments (sans compter
Beagle-2), certains copie conforme de ceux qui étaient
placés dans Mars 96.
Aspera, un imageur suédois, doit étudier
les interactions entre les composants de la haute atmosphère
martienne (Oxygène et hydrogène) et le vent
solaire. En clair, Aspera étudie la "fuite"
de l'atmosphère martienne. Les scientifiques pourront
peut-être mieux modéliser la fin de la Mars "vivante",
au sens géologique du terme, il y a plusieurs milliards
d'années, grâce aux données d'Aspera,
qui auraient dû être utilisées avec celles
de Nozomi.
La
caméra allemande HRSC (High Resolution
Stereo Camera) fournira à terme des images
couleur en 3D avec une résolution de 10 (12 pour l'instant),
voire 2m, ce qui aurais pût permettre de savoir précisément
où est posé l'atterisseur Beagle 2. Cet instrument
devrait permettre de créer une carte géologique
et morphologique très précise de la surface
martienne.
MaRS (Mars Radio Science Experiment)
n'est pas vraiment un instrument. Grâce à l'analyse
des signaux envoyés vers la Terre à travers
l'atmosphère martienne, il est possible d'analyser
celle-ci, ainsi que les anomalies du champ de gravitation
martien.
Marsis
est un radar italo-américain. Grâce à
une antenne de 40m de long, il peut sonder la surface martienne
jusqu'à plusieurs km de profondeur, notamment pour
y chercher de l'eau, liquide ou gelée.
Le spectromètre français Omega étudie
la composition de la surface à moyenne résolution
grâce à ses observations dans le visible et le
proche infrarouge (0.5 à 5.2 µm)
Le
PFS (Planetary Fournier Spectrometer)
italien, un autre spectromètre, mesure la température
et la composition de la basse atmosphère.
Enfin, Spicam, un autre spectromètre français
fonctionnant dans l'ultraviolet et l'infrarouge, observe la
répartition verticale d'oxygène, de poussières
et de dioxyde de carbone dans l'atmosphère martienne.
Cependant, la mission Mars Express ne devait pas s'arrèter
à cet orbiteur. En effet, la sonde a transporté
durant le voyage, sur son dos, un petit passager.
Beagle 2
Six
jours avant de se mettre en orbite autour de la planète
rouge, Mars Express a largué un petit atterrisseur
britannique, Beagle 2, ainsi nommé en hommage
au bateau de Charles Darwin, qui devait fonctionner 180 jours
martiens. Hélas, le robot Beagle n'est jamais entré
en contact avec une sonde ou la Terre...
L'atterrisseur de 60 kg devait se poser sur Isidis Planitia.
Une fois ses panneaux solaires dépliés, il était
censé déployer un bras au bout duquel sont fixés
ses appareils de mesure: une caméra stéréo,
qui devait établir une cartographie en 3D des alentours
du site d'atterrissage, deux spectromètres pour
étudier des échantillons de roche, un microscope,
une lampe et une petite foreuse, qui devaient
permettre de prélever des échantillons dont
les gaz auraient été analysés à
l'intérieur du module par un spectromètre
de masse.
Une taupe, Pluto, devait de plus explorer le sous-sol
dans un rayon de 5 m (vitesse de 10 cm/minute) autour de Beagle
2, jusqu'à 1,5 mètres de profondeur.
Une collection de capteurs environnementaux étaient
aussi fixés sur Beagle-2: pression, température,
direction du vent, ultraviolets, poussière, devaient
ainsi pouvoir être mesurés.
Les données devaient ensuite être envoyées
à la Terre par l'intermédiaire de Mars Express
et de la sonde américaine Mars
Odyssey.
Sources:
ESA
Beagle
2
Mars Express, Olivier Poch, Orbit-Mars
Mars Express: Europe goes to Mars!, ESA
Mars Express: A European Orbiter and Lander Mission to the
Red Planet, ESA