Mars Reconnaissance
Orbiter : Zoom sur la planète rouge
Le passage de Mars à l’opposition
permet l’ouverture d’une fenêtre de tir tous les deux ans. Ainsi les rovers
Spirit et Opportunity lancés en 2003 n’ont pas encore terminé leur odyssée que
la Nasa s’apprête déjà à lancer une nouvelle sonde, cette fois un orbiteur,
peut être moins spectaculaire mais tout aussi prometteur.
Il s’appelle Mars Reconnaissance Orbiter et doit être lancé le 10 août prochain pour une arrivée prévue autour de mars au printemps
2006.
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 Image
d’artiste de la sonde MRO lors de son insertion orbitale : un allumage
des moteurs de 25 minutes sera nécessaire pour freiner et être capturée
(crédit : nasa)
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MRO est en voie de préparation
pour son lancement au Kennedy Space Center en Floride.
Le test des circuits électriques
a eu lieu, de même que le remplissage du réservoir de la sonde avec 1,2 tonnes
d’hydrazine destinée aux manœuvres orbitales. Puis vendredi 23 juillet la sonde
a été installée au sommet d’ une fusée
Atlas V-401 (conçue comme
l’orbiteur par la société Lockheed Martin). Pour injecter la sonde sur sa trajectoire
vers Mars, la fusée Atlas V l’accélérera au décollage le 10 août à une vitesse
de 11 km/sec.
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 La
fusée Atlas V-401 est une fusée à deux étages, la plus petite de
cette famille de lanceurs, mais néanmoins plus puissante que les
fusées Delta qui ont lancé les MER (crédit : Nasa)
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MRO doit atteindre Mars au bout
de 7 mois de voyage et circulariser progressivement son orbite par la technique
de l’aérofreinage. La phase scientifique primaire de la mission (25 mois) pourra
ensuite débuter à partir de novembre 2006, par des observations à une altitude
beaucoup plus proche de la surface que les 3 autres orbiteurs déjà sur place
(les sondes américaines Mars Global Surveyor depuis 1997 et Mars Odyssey depuis
2002, enfin l’européenne Mars Express depuis Noël 2003).

Comparaison
de taille entre MRO et les autres sondes américaines (Nasa)
Comme cette dernière, MRO se
consacrera à l’observation des différentes enveloppes de Mars (atmosphère, surface,
sous-sol) grâce à ses 6
instruments embarqués ;
notamment 3 caméras :
- MARCI
est dédiée à l’observation des conditions météorologiques dans le visible
et l’ultraviolet.
- HiRISE
(High Resolution Imaging
Science Experiment),
instrument d'imagerie scientifique à haute résolution) est une caméra innovante,
en fait un télescope astigmatique à 3 miroirs capable d’obtenir une résolution
de 30 cm par pixel, donc de percevoir des détails de la taille d’une table.

Hirise
doit permettre une couverture à haute résolution de la surface avec un gain
d’un facteur 5 par rapport aux images de la caméra MOC de MGS (Nasa)
- La caméra
CTX permettra
de resituer dans un contexte plus large ces images (champ de 40 km de
large et résolution de 8 m par pixel).
- Le spectromètre CRISM
(Compact Reconnaissance Imaging Spectrometer for Mars, spectromètre de reconnaissance
compact) est conçu
pour traquer les minéraux hydratés tels les sulfates ou les gypses révélés
par les missions précédentes. Similaire au spectromètre embarqué sur la
mission Messenger vers Mercure, il a une résolution très pointue (18 m/pixel).
- Le radiomètre Mars
Climate Sounder mesurera
les concentrations de poussière atmosphérique, de vapeur d’eau et les températures
pour une meilleure connaissance du climat martien.
- Enfin le radar Sharad
(Shallow Subsurface Radar, radar de sous-sol de faible profondeur)
conçu par l’agence spatiale italienne est très attendu, car il peut sonder
jusqu’à 1 km et devrait compléter Marsis, le radar de Mars Express sondant
entre 1 et 5 km de profondeur ; pour détecter sous la surface les couches
de roches, mais surtout de glace ou les éventuelles nappes d’eau susceptibles
d’être utilisables par des missions habitées.

Sharad
sonde en superficie, mais sur une étendue beaucoup plus importante que Marsis
(Nasa)
L’objectif principal de MRO est
toujours le credo « Follow the water » car selon Michael Meyer, directeur scientifique
de l’exploration martienne au Jet Propulsion Laboratory chargé des opérations :
« Il nous faut en savoir
plus sur ce qui est arrivé à l’eau pour faire progresser les recherches sur
une possible vie martienne, passée ou présente ».

Un
ensemble d’instruments pour étudier le « cycle de l’eau » martien (Nasa)
MRO permettra
un zoom inégalé sur la surface de Mars, mais aussi la détermination précise
des sites d’intérêt stratégique pour les futures missions martiennes. Ainsi
la puissance de la caméra HIRISE permettra de déceler les gros rochers qui pourraient
présenter un danger pour l’arrivée des futurs rovers, et éviter les mésaventures
comme le crash de la sonde Mars Polar Lander en 1999.
Pour transmettre ses données
à la Terre, MRO transporte une antenne grand gain de 3m et un émetteur alimenté
par des panneaux solaires. Elle pourra, en utilisant la bande Ka pour la première
fois, transmettre 10 fois plus de données que les autres sondes. MRO pourra
aussi servir de relais pour transmettre les données scientifiques des rovers
ou des futurs landers vers la Terre. Elle doit aussi permettre de tester une
technique d’approche guidée nouvelle de Mars grâce à une caméra optique de navigation.

MRO
en test après son intégration par Lockheed Martin Space Systems (Nasa)
Un rôle logistique important,
d’autant que la Nasa vient d’annoncer, par souci d’économies, l’abandon de la
sonde Mars Telecom Orbiter prévue pour 2009, un ambitieux hub visant à utiliser
la technologie laser pour accélérer la transmission des données entre Mars et
la Terre.
Espérons que le lancement et
le voyage de Mars Reconnaissance Orbiter, ainsi que son insertion en orbite
martienne, se passent sans anicroche.