Nozomi
(Planet B)
Nozomi
est la première sonde japonaise jamais envoyée
vers Mars. Mais cette sonde, dont le nom signifie "espoir",
a eu bien de la malchance...
La sonde, alors nommée Planet B, fut lancée
le 4 juillet 1998 à 3h12 (heure japonaise - 3/07 à
18h12 TU) par une fusée M-V depuis le centre spatial
de Kagoshima, le jour-anniversaire de l'arrivée du
robot Sojourner sur la planète rouge.
Placée sur une orbite fortement elliptique (7000km/400000km),
elle reçu l'assistance gravitationnelle de la Lune,
qui lui fit prendre de la vitesse. C'est aussi pendant ces
4 mois que la sonde pris ses premiers clichés, de la
Terre et de la Lune.
Mais durant son dernier passage prévu au plus prêt
de la Terre, le 20 décembre 1998, une valve du système
de propulsion ne s'ouvrit pas, plaçant la sonde sur
une mauvaise orbite. Dans l'urgence, une correction de trajectoire
est alors décidée et le 21 le moteur principal
s'allume pendant 7 minutes. Hélas, si la sonde revient
sur une bonne orbite, il ne reste plus assez de carburant
pour atteindre Mars!
Nozomi
est donc placée en orbite solaire, qui permet d'économiser
du carburant en effectuant trois orbites complètes
autour du Soleil et de profiter de deux nouvelles assistances
gravitationnelles de la Terre, en échange d'un rallongement
conséquent de la durée du trajet... Ainsi, lancée
en 1998, la sonde n'arrivera dans les parages de Mars qu'à
la fin de 2003, alors que sa mise en orbite était prévue
en octobre 1999!
4 ans d'attente est plus que prévu pour les instruments,
qui devaient normalement fonctionner une année martienne
(un an et demi sur Terre), surtout qu'une tempête solaire
vient légèrement compliquer les choses. En effet,
le 21 avril 2002, Nozomi est frappée de plein fouet
par une éruption solaire, qui endommage fortement son
système de télécommunication et différents
instruments scientifiques. De plus, une panne de l'antenne
principale de la sonde fait que les communications sont limitées
à la bande "de secours" X, qui offre un débit
de seulement 64 bits par seconde...
En Août dernier, la petite mais vaillante sonde japonaise
repassait près de la Terre pour un dernier "coup
de pouce" gravitationnel, alors que Mars Express et les
Mars Exploration Rover venaient d'être lancés.
Hélas, ses circuit électroniques ne fonctionnent
plus et les ingénieurs japonais n'ont pas pût
remettre la sonde en route, malgré des milliers de
tentatives. Le gel du carburant, qui n'est plus chauffé,
est donc inévitable et Nozomi ne se mettra jamais en
route autour de Mars...
Les
instruments
La sonde Nozomi, 541kg, 0.58x1.6m, accueille 14 instruments
scientifiques. Si la plupart sont bien entendu japonais, certains
ont été construits en collaboration avec d'autres
pays, la France, le Canada, l'Allemagne, la Suède ou
les Etats-Unis. L'ensemble des instruments pèse seulement
33kg!
La
Mars Imaging Camera (MIC), qui fonctionnait dans le
visible, a été construite en collaboration avec
le CNES. Cet instrument devait prendre des images "globales"
de Mars, c'est à dire qui montreraient le globe martien
entier, grâce à l'orbite martienne elliptique
prévue pour la sonde. Ainsi, l'observation des climats
martiens en particulier aurait été facilitée
(nuages, tempêtes de poussières, calottes polaires...).
De plus, les passages à proximité de Phobos
et Deimos auraient permis de bons clichés des satellites
martiens.
Le Magnetic Fiels Measurement (MFM) devrait étudier
le champ magnétique fossile de Mars, plus précisément
que ne l'a fait Mars Global Surveyor.
Le Mars Dust Counter (MDC), fourni par l'Allemagne,
devait quand à lui essayer de capter la poussière
que doit laisser Phobos et Deimos dans leur sillage, ainsi
que, de concert avec l'Ion Mass Imager (IMI) fourni par la
Suède, celle d'un hypothétique anneau martien
alimenté par ces mêmes satellites.
Le Neutral Mass Spectrometer (NMS) devait, pour la
première fois, étudier globalement la composition
chimique de la haute atmosphère martienne. Ce spectromètre
de masse fourni par la NASA est tiré de celui embarqué
pour la mission Pioneer Venus Orbiter (1978). L'UltraViolet
imaging Spectrometer (UVS) avait aussi pour mission d'étudier
la structure et la composition de l'atmosphère martienne.
Tous les autres instruments de la sonde, le Probe for Electron
Temperature, l'Electron Spectrum Analyzer, l'Ion Spectrum
Analyzer, l'Electron and Ion Spectrometer, l'Extra Ultraviolet
Scanner, le Plasma Wave and Sounder, le Low Frequency plasma
wave Analyzer, l'IMI et le Thermal Plasma Analyzer (fourni
par le Canada), sont eux dédiés à l'étude
des interractions complexes entre les vents solaires et l'atmosphère
martienne et sa faible magnétosphère.
Sources:
Nozomi
(Planet B), ISAS
Mars
Orbiter "Nozomi" (Planet B), JAXA
Nozomi, Philippe Labrot, Nirgal.net
Nozomi,
Olivier Poch, Orbit-Mars